Les conférences gesticulées

LES Conférences gesticulées

La conférence gesticulée est une forme hybride et politique qui contient plusieurs ingrédients : elle est située (d’où je parle, mon lien au sujet), incarnée, elle part de nos expériences de vie, on y développe une analyse critique en tressant différentes formes de savoirs (expérientiels, militants, théoriques, …), qu’on la présente ou qu’on la voit, on traverse des émotions et elle se termine sur un atterrissage politique (elle ouvre sur un espace des possibles, visibilise les marges de manœuvres, transmet le désir d’une autre réalité)1

créer ma conf

Plusieurs associations et coopératives accompagnent à la création d’une conférence gesticulée , ici, on vous présente la façon dont nous abordons la formation Monte ta conf.

Élaborer une conférence gesticulée, c’est d’abord un cadeau à se faire à soi-même et à la société.

L’objet scénique n’est pas une fin en soi, vivre une introspection au sein d’un collectif, la recherche de savoirs critiques permettant d’analyser son parcours de vie, le tout mêlé à une mise en corps, c’est une aventure à vivre.

Les enjeux : articuler le « je » et le « nous », placer votre petite histoire en relief de l’histoire sociale, alimentée de concepts permettant de penser le monde tel qu’il est mais aussi tel que l’on voudrait qu’il soit.

Les ingrédients de ce processus :

  • Récits de vie
    Analyser son parcours de manière critique et collective
  • Recherche-action
    Lire et étudier collectivement, s’approprier des concepts
  • Collectiviser de l’individuel
    Parler de soi publiquement, se positionner
  • Entraînement mental
    Nommer les problèmes, proposer des analyses
  • Mise en corps des idées, des anecdotes
    Pratiquer la théorie incarnée
  • Travailler l’émotion politique
    Mobiliser ses affects dans une analyse

La sortie de chantier

Le 6e rassemblement, c’est la sortie de chantier ! C’est-à-dire qu’on arrive au terme d’un processus de 6 mois et on présente une première version à un public choisi ou non, en petit ou grand comité.

Vous pouvez parcourir les livrets des sorties de chantier de 2025 et 2026 :


Mars 2025 au Polder

Mars et avril 2026 au Hangar(t)

Les questions seraient plutôt : est-ce que c’est souhaitable ? Est-ce que ça a du sens ?

La conférence gesticulée peut donner l’image d’un objet individuel. Elle l’est en partie. Mais c’est aussi le collectif qui donne son sens au processus : pour croiser les points de vue et les expériences de vie, pour le soutien que le groupe apporte, pour les résonances dans les histoires de vie, pour tester la réception de nos propos, de nos tentatives, pour limiter au maximum les biais.

Le Monte ta conf c’est aussi un cadre qui vous ait donné pendant 6 mois et un accompagnement par des éducateur·ices populaires : vous rassurer, vous soutenir, vous donner des pistes, vous écouter, accueillir vos doutes, vos émotions, vous guider tout en vous laissant les sujets de votre conf’.

Et si le frein c’est l’argent, on en discute toujours.

A l’Etincelle, nous nous appuyons avant tout sur la sociologie. Cette science sociale vise à observer, analyser le monde pour mieux le comprendre.
Nous puisons notamment dans les travaux de Pierre Bourdieu (la reproduction sociale, les effets de distinction, l’enquête, …) mais aussi dans ceux des sociologues clinicien·nes. La sociologie clinique tient compte de la dimension psychique des rapports sociaux, elle aborde leur dimension existentielle.
Autrement dit, notre approche, comme celle du pédagogue brésilien Paulo Freire, est de participer à une meilleure compréhension du monde, en tant que sujet. Nous sommes les enquêteur·ices de nos propres vies et nous cherchons à lui donner du sens, à la replacer dans la « grande histoire ».

Nous nous appuyons aussi sur une grille d’analyse féministe et intersectionnelle. C’est-à-dire que nous avons conscience que certains groupes sociaux se trouvent au carrefour de plusieurs oppressions : c’est différent d’être une personne femme, blanche et d’être une personne femme, racisée dans cette société. Les oppressions se croisent, il n’est donc pas possible d’expliquer une situation, un fait social au prisme d’un seul critère (par exemple le genre, la classe sociale, la race). Nos existences sont bien plus complexes. C’est dans ce cadre de pensée que s’inscrit le Monte ta conf.

La conférence gesticulée suppose de croiser une analyse sociohistorique et son expérience de vie. Il n’est donc pas question d’intellectualiser son existence. Mais plutôt de produire un savoir situé, à partir de notre propre expérience, depuis notre place dans la société.
Nous recourons à des méthodes de récit de vie dans un cadre qui permet de se raconter.

Enfin, nous attachons une importance particulière à la question de la santé mentale et aux effets psychiques qui accompagnent un processus comme le Monte ta conf.
Nous avons conscience que cette expérience peut réactiver des traumatismes, bouleverser, amener à conscientiser des oppressions.
C’est pourquoi nous prenons le temps d’expliquer et de présenter le cadre le premier jour de la formation.
Mais nous sommes également soucieux·ses des limites à respecter, conscient·es que nous sommes avant tout sociologues, éducateur·ices populaires avant d’être thérapeutes. Nous nous entourons de professionnel·les vers lesquel·les nous pouvons rediriger, trouver de la ressource.
Nous sommes formé·es à la question des violences sexistes et sexuelles et notamment des violences conjugales et intrafamiliales et à leurs conséquences, notamment le psychotrauma. Nous nous formons aussi sur les conséquences psychiques de la colonisation, du racisme, la transmission intergénérationnelle des traumatismes. Tout comme nous tenons compte des effets du validisme et de la psychophobie, autant que de ceux du mépris de classe.
Nous réalisons des supervisions régulières avec une psychologue. Ces temps nous permettent également de nous questionner sur notre place, nos responsabilités et notre éthique.
Tous ces éléments nous permettent de respecter une distance juste. Tout en restant accessibles, disponibles, encadrant·es.

L’expérience nous a appris que pratiquer l’éducation populaire politique suppose d’importantes responsabilités vis à vis des personnes qui viennent nous confier des morceaux de leur existence et placent leur confiance en nous durant 6 mois de leur vie.

Nous considérons que ce travail et ces prises de recul permanentes sont le minimum que nous devons réaliser pour accompagner un tel processus.

Vous pouvez découvrir les conf’ des précédentes promos du côté des Artisan·es de l’Etincelle

voir ou accueillir des confs

C’est parce qu’on est entouré·es d’un collectif qu’on arrive à faire une partie de ce qu’on fait !

L’association Les artisan·es de l’Etincelle regroupe des personnes qui sont passées par le Monte ta conf’ (mais aussi par le certificat universitaire « Education populaire et transformation sociale ») et qui ont voulu poursuivre l’aventure de la conf et de l’éducation populaire à plusieurs !

Pour en savoir plus c’est par ici

Les gesticulant·es s’organisent aussi à l’échelle nationale à travers l’association conferences-gesticulees.net

Le site permet de chercher et découvrir des confs, soit en parcourant les fiches ou encore mieux, en consultant l’agenda des conf’ partout en France.

Pour en savoir plus c’est par ici

  1. Nous nous appuyons sur les travaux d’Alexia Morvan (« L’émancipation populaire est une praxis », intervention dans le cadre du colloque « Penser l’émancipation » à
    l’université Paris Ouest Nanterre le 19 février 2014) repris par William Tournier dans son mémoire de sociologie (« Anthropologie politique d’une éducation populaire, la conférence gesticulée comme travail politique de la culture », 2014) ↩︎